Les trois souhaits
24/11/2008
 Il était autrefois dans une lointaine forêt unbûcheron qui vivait tant bien que mal dans une modeste cabane encompagnie de son épouse.
Le matin il allait par les bois scier, abattre, couper, tailler lesarbres et débroussailler, ce qui lui permettait de vivre tranquilleavec Fanchon sa compagne. Bien entendu ils ne vivaient pas dans le luxe mais après tout se disaient-il sagement, le peu que nous avons nous contente.
Parfois ils se prennaient l'un et l'autre à rêver d'une autre vie, unevie d'opulence, de richesses, d'or, de bijoux mais tout cela restait dudomaine du rêve. Un jour que Blaise, le bûcheron, s'apprêtait à donner son premier coupde hache matinal, il entendit un bruit étrange qu'il ne reconnaissaitpas.
Il avait l'habitude des bruits de la forêt: le craquement des vieillesbranches, le sautillement des oiseaux sur les feuilles sèches, l'appeldu coucou ou de la mésange, le croassement des grenouilles... tout celail les avaient entendus maintes et maintes fois, mais ce bruit là ,c'était la première fois.
Bien qu'il n'était pas d'un caractère inquiet, il n'était pas non plusparmi les hommes les plus téméraires. Il essaya de ne plus y prêterattention, mais le bruit revint plus fort encore. La hache à la main ilfit quelques pas autour de l'arbre mais il ne vit absolument rien. Il s'apprêtait une nouvelle fois à se remettre à l'ouvrage mais lebruit se fit plus distinct et, la hache levée, il entendit clairementune voix caverneuse et puissante s'adresser à lui: "Bucheron de la forêt, le moment est venu pour toi de réaliser trois de tes voeux les plus chers"
Le bûcheron, ayant posé sa hache, tourna une nouvelle fois autour del'arbre. Mais, pas plus que l'instant d'avant il ne découvrit la sourcede ces paroles. Et la voix recommença: "Bûcheron de la forêt, le moment est venu pour toi de réaliser trois de tes voeux les plus chers" Sans doute enhardi par la curiosité, Blaise s'adressa à l'arbre:
- Est-ce toi l'arbre qui me parle? Mais seul le vent lui répondit. Alors, essayant à nouveau de chasser cesouvenir de son esprit, Blaise reprit sa hache et s'apprêta à seremettre au travail. Comme il faut s'en douter, une troisième fois lavoix s'éleva: "Bûcheron de la forêt, le moment est venu pour toi de réaliser trois de tes voeux les plus chers" Cette fois-ci le bûcheron osa davantage encore et s'adressa au ciel: - Est-ce toi le ciel qui me parle? Et seul le vent lui répondit. Devant un aussi grand mystère Blaisedécida de renoncer à couper son arbre et prit le chemin du retour.
Arrivé à la cabane il trouva Fanchon en train de soigner leurs trois maigres poules.
- Fanchon, Fanchon, appela-t-il, viens donc que je te raconte l'aventure qui m'arrive.
Fanchon un peu surprise de voir son Blaise déjà de retour de la forêt,jeta les derniers grains aux poules et arriva près de lui. Ilss'assirent sur le banc de pierre et là Blaise en lui tenant la main luiraconta. - C'était une voix.. une voix qui venait de nulle part! Trois souhaits disait-elle... - Eh bien, ce sera sans doute l'esprit de la forêt ou des campanules, qu'importe d'où elle vient puisqu'elle nous veut du bien! - Tu as sans doute raison ma Fanchon... qu'importe qui elle est sitrois de nos souhaits peuvent se réaliser! Qu'allons nous doncsouhaiter ma Fanchon? Des coffres remplis d'or? Fanchon pensive s'imaginait puisant dans de grands coffres pour allers'offrir robes et bijoux mais l'air plus raisonable tout à coup elledit: - À quoi nous servirait la richesse si nous venons à tomber malades? Peut-être faudrait-il souhaiter la santé? - Tu as raison Fanchon, peut-être le premier souhait doit être celui de la santé... comme c'est difficile de choisir
Ils restèrent là pensifs et le temps passait sans qu'ils s'enaperçoivent. Tant et si bien que l'appétit commença à s'éveiller dansl'estomac de Blaise et, sans beaucoup de bon sens il s'écria: - Ah! tout cela m'a creusé et je souhaiterai bien voir là tout de suite une bonne livre de bon boudin frais! À peine eut-il finit de proférer ces paroles qu'une bonne livre deboudin frais apparut dans un grand plat, là , juste devant leurs yeuxébahis! - Misère! Comme tu es sot mon Blaise! cria Fanchon en se levant d'unbond du banc. Voilà bien ton pauvre esprit qui se met à souhaiter duboudin alors que nous n'avons que trois souhaits! Mais que peux-tu bienavoir dans ton cerveau pour ne point réfléchir plus que ça?!!
Blaise, bien penaud de son erreur, se fâcha lui aussi contre lui, mais surtout contre sa femme qui ne cessait de l'accabler. - Tout le monde peut se tromper! Te voilà bien avancée de te mettredans un tel état contre moi! Tu n'avais qu'à proposer ton voeu au lieude me laisser là avec la faim au ventre! et par une grande étourderie causée sans doute par la colère Blaise ajouta: - Que ce boudin te pende au nez, toi qui prétends ne jamais te tromper! Et, tout aussitôt, la bonne livre de boudin frais vint tranquillement se coller sur le nez de la pauvre Fanchon! Elle ne savait pas si elle devait en rire ou en pleurer tellement lasituation était incongrue et cocasse! Alors que pour la première foisde leur vie ils allaient pouvoir réaliser leurs rêves, elle seretrouvait là , devant leur pauvre cabane, un boudin lui pendant au nez!
Et elle avait beau tirer dessus, impossible de l'enlever de là et, pireencore pour elle, ce bout de boudin là l'empêchait de parler se mettanten travers de sa bouche à chaque fois qu'elle tentait de l'ouvrir. Blaise lui, se taisait également, non pas que le boudin l'empêchait des'exprimer, mais qu'il ne trouvait point de mot pour dire sessentiments. Il restait hébété de ce qu'il venait de voir, de ce qu'ilvenait de faire avec d'aussi sots souhaits! - Eh bien, ma petite Fanchonnette, bredouilla-t-il au bout de quelquesminutes de silence, plus besoin de nous tracasser pour trouver letroisième souhait... la seule chose que je désire maintenant c'est quece boudin retourne dans le plat et que tu redeviennes aussi joliequ'avant avec ton si mignon petit bout de nez...
Et, ce souhait énoncé, le boudin quitta la figure de Fanchon et elle se retrouva comme elle était au début de l'histoire. - Il ne nous reste plus qu'à le faire cuire et à nous régaler, se mit à rire Blaise. Voilà bien notre bonheur Fanchon, plus que toutes lespièces d'or du monde et tous les souhaits qui causent du tracas, jepréfère ton minois et ta douce et tendre compagnie.
Devant leur humble logis, Fanchon et Blaise s'embrassaient et rêvaient pendant que le boudin grésillait dans la poêle.
La nuit était tombée et le récit ainsi s'achève.
Perrault
Catégorie : Histoires
Commentaires
SweetMelody, le 01-12-2008 Ã 11:13:33 :
Commentaire sans titre Je te souhaite un agréable début de semaine, en ce mois de décembre! Et oui déjà décembre, la période des fêtes, nous y pensons tous un peu, avec cette nostalgie de l'enfance et des cadeaux de Noel. Jeunesse heureuse ou malheureuse, nous avons tous gardé notre cœur d'enfant. Le sapin pour repondre a ta question, bien sur du rouge, de l'or ! mais chaque année, j'ai des problemes, car ca represente de tres belles balles, pour mon chat !, je suis egalement partisan, de l'artificiel, d'autant plus, qu'il y en a de tres beaux desormais, et puis moins de travail non ? Je suis un peu moins présent, je me consacre un peu a mon blog de Noel, je m'en excuse! Passe une très bonne journée, a très bientôt, avec mon vote. Cordialement Chris
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